Identité nationale, républicanisme et pluralisme: les parlementaires français et le débat sur l'identité nationale de 2007 à 2012

L’objet d’analyse est la place de la question de l’identité nationale dans les débats parlementaires et  publics en France, et plus précisément sa place dans l’élection présidentielle du printemps 2012 comparée à ce qui s’était produit cinq ans auparavant en 2007. Comme la plupart des grands pays européens, y compris la Grande-Bretagne et l’Allemagne, la France a été traversée depuis une décennie par un débat lancinant autour de la problématique de l’identité nationale et de l’intégration des individus et groupes issus de l’immigration.  C’est toute la question de la nature et de l’ampleur du pluralisme dans nos sociétés démocratiques qui s’exprime dans ce débat. 

 

En France, un pays qui se réclame d’une tradition étatiste forte et d’une culture politique à la fois républicaine, moniste et extrêmement centraliste, cette question a pu prendre une importance certaine à l’occasion de la campagne présidentielle de 2007, au cours de laquelle le candidat de l’U.M.P. (union pour une majorité présidentielle),  Nicolas Sarkozy, a notamment proposé la création d’un nouveau ministère liant expressément, jusque dans sa désignation même, l’identité nationale et l’intégration des immigrants.  La création après l’élection de ce nouveau Ministère (Ministère de l’Immigration et de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire) a été suivie par un débat sur l’identité nationale à la grandeur du pays, dans lequel de nombreux intellectuels – parlementaires, juristes, philosophes et historiens- se sont prononcés.  La durée de vie du nouveau ministère a été courte –moins de deux ans.  Toutefois, les angoisses françaises  à propos de l’identité nationale, pour reprendre une expression de David Goodart, directeur de la revue britannique Prospect, ne sont pas disparues.